Partager l'article ! Vivre Ensemble Février 2012: Quartier Gizeh, encore et toujours du logement collectif: Créteil va-t-elle devenir en ...
Créteil va-t-elle devenir encore davantage une ville dortoir ? C’est une des questions que m’ont posé de nombreux Cristolien ces derniers jours à l’annonce de ce nouveau projet de quartier, accepté et soutenu par la majorité municipale.
Le groupe UMP s’oppose à ce projet, non par idéologie mais par pragmatisme.
La volonté de la société Pernod Ricard, propriétaire de ce site, de reconvertir cette friche industrielle est louable, mais le choix d’en faire un site résidentiel dense nous paraît contestable.
En effet, ce site, situé dans une zone d’activités (Petites Haies, Castorama, Boulanger…), est parfaitement adapté pour accueillir une activité économique, voire industrielle, de grande ampleur qui favoriserait l’emploi et le commerce sur la ville. Une pépinière de PME-PMI serait un bon exemple d’une utilisation judicieuse de cette zone.
Malheureusement, la municipalité continue de rejeter toute perspective de développement économique de la ville, préférant privilégier la quête sans fin de dotations publiques pour compenser l’appauvrissement de notre ville. Sa priorité reste inchangée : construire toujours plus de logements collectifs, qu’elle pourra distribuer non sans arrière-pensée aux nouveaux arrivants.
C’est dans cette logique qu’elle a validé ce projet de quartier de 2 000 à 2 500 nouveaux habitants, qui seront coincés entre l’A86 et la N6. Aux questions des riverains de ce quartier, préoccupés par la saturation des écoles et des transports, Monsieur le Maire n’a pu formuler que des réponses évasives. Et ils ne sont pas les seuls, puisque le maire de Maisons-Alfort, située à la limite nord du site, a aussi dénoncé la densité de ce projet.
Avant de se lancer dans de nouveaux projets de ce type, la municipalité ferait bien de se préoccuper des quartiers existants : la Pointe du Lac, qui a grand besoin d’être dynamisée, les Petits-Prés-Sablière et les Bleuets-Bordières, dont les habitants ne sont toujours par fixés sur leur sort.
Autre exemple des erreurs de la politique urbanistique de la ville : le logement étudiant.
La municipalité peut, à juste titre, se féliciter de l’implantation de plusieurs facultés.
Seulement, si la façade est séduisante, l’arrière salle l’est moins. Il semblerait que la municipalité aille plus vite que la musique en oubliant de construire les équipements nécessaires pour accueillir les milliers d’étudiants qui viennent chaque jours – parfois de très loin faute de logement – sur les quelques sept sites que compte la ville. Pire, certaines résidences étudiantes ferment, comme la résidence du Petit Chou, dans le secteur du Palais, fermée l’été dernier pour cause d’insécurité et d’insalubrité !
La municipalité a beau faire des annonces de constructions nouvelles de résidences étudiantes, le déficit d’équipements est réel et ne pourra être compensé avant plusieurs années. Alors que le nombre d’étudiants ne cesse de croître d’année en année et que leurs difficultés à se loger s’accentue, la municipalité ferait mieux de se préoccuper de leur sort plutôt que de s’appliquer à dénouer les maillons du vivre ensemble cristolien.
Thierry Hebbrecht