Partager l'article ! Un livre dénonce le grand gaspillage des régions: Hôtels de Régions pharaoniques, dépenses de communication somptuaires, personnels pléthor ...
Hôtels de Régions pharaoniques, dépenses de communication somptuaires, personnels pléthoriques, "ambassades" dans
des pays exotiques.
A trois semaines des élections régionales, un livre, "Régions, le grand gaspi", de Robert Colonna d'Istria et Yvan Stefanovitch, dresse un bilan sévère de l'utilisation par les élus de l'argent des contribuables.
Pour les auteurs, mégalomanie et caprices des élus font qu'environ 10% de leur budget, soit presque 3 milliards d'euros, sont gaspillés chaque année dans les 26 régions françaises.
La cause principale ?
L'organisation, selon eux, des institutions qui, entre "mille-feuille administratif et esprit jacobin, est à l'origine de déperditions considérables". "Et le fait que toutes les ressources des régions proviennent de l'Etat", estime Yvan Stefanovitch dans une interview à Reuters.
Un constat partagé, semble-t-il, par le gouvernement, qui a lancé une réforme des collectivités territoriales dont un premier volet a été récemment adopté par le Sénat et dont l'un des objectifs est la réduction des dépenses.
Pour étayer leur propos, les auteurs ont sillonné la France des régions et se sont plongés dans de multiples documents.
"Nous avons vite constaté que les 26 présidents de Région n'ont qu'un pouvoir, celui de dépenser. Ils raffolent de la pierre et du béton", souligne Yvan Stefanovitch.
A quoi cela sert-il d'être roi si l'on n'a pas un palais digne de ce nom ?
"AMBASSADE" À NEW YORK
Selon les auteurs, les hôtels de Région sont des gouffres financiers dont les factures finales dépassent amplement les devis. Et quand les présidents n'osent pas édifier, "ils réaménagent leurs bureaux à coups de centaines de milliers d'euros, en succombant aux charmes de l'art contemporain."
Yvan Stefanovitch cite le cas de la Région Rhône-Alpes, dont le nouveau siège devrait coûter autour de 200 millions d'euros, contre les 96 millions initialement prévus.
L'ouvrage épingle le goût de présidents de région pour les meubles design, les créateurs coûteux et les
voitures de luxe.Quelques pages sont consacrées à l'ouverture, par les régions, de représentations diplomatiques dans des capitales étrangères, mais aussi dans des lieux beaucoup plus
exotiques.
Une spécialité, semble-t-il, de Georges Frêche, le président sortant de la région Languedoc-Roussillon. "Un de ses derniers faits d'armes: le 13 avril 2009, l'inauguration à New York d'une nouvelle Maison du Languedoc-Roussillon. Il y en avait déjà à Chengdu (ville de la République populaire de Chine jumelée avec Montpellier), Shanghai, Londres, Milan, Bruxelles",
Le conseil régional de Basse-Normandie, lui, s'est doté en 2004 d'un "nouvel axe d'intervention" : la défense des droits de l'homme. C'est ainsi que l'une de ses premières actions a consisté le 14 juillet 2004 à envoyer deux conseillers à la réception donnée par l'ambassadeur de France à Riga. "OCÉAN SANS FOND"
Potentats locaux, les présidents des conseils régionaux restent souvent des inconnus pour leurs électeurs, raison pour laquelle certains investissent massivement dans la communication: sondages, réceptions, logos, journaux.
C'est ainsi que la région Rhône-Alpes, jugeant insupportable le trait d'union entre Rhône et Alpes
torpillant la "dimension fusionnelle" du territoire, a entrepris de modifier à partir de 2004 son vieux logo. Une "virginité visuelle" qui aurait coûté au total
1,3 million d'euros,
Selon une commission d'enquête parlementaire de 2005, les budgets de communication ont, en un an, augmenté de 176 % en Bourgogne, 126 % en Auvergne et 71 % en Picardie.
Le livre explore aussi "l'océan sans fond des subventions" pas ou peu contrôlées.
"En Bourgogne, l'assemblée régionale a par exemple trouvé en 2007 quelque
4.000 euros pour développer les échanges entre éleveurs bourguignons et touaregs et 18.000 euros pour la formation de trois jeunes rugbymen sud-africains",
Mais le sujet le plus polémique, au cœur de la campagne électorale dans plusieurs régions, concerne les Trains express régionaux (TER).
Les collectivités se sont aperçues qu'ils roulaient au ralenti tant les voies de chemin de fer étaient mal entretenues mais ni la SNCF ni l'Etat ne veulent remplir leur devoir.
"Du coup, pour ne pas subir les foudres des usagers, les régions se sont résolues à prendre en charge leurs
réparations et leur entretien. Des sommes colossales sont en jeu",