Vendredi 15 janvier 2010 5 15 /01 /2010 18:55

Patrick de Carolis Président de France télévision demande des explications à Martine Aubry

Patrick de carolis Le coup d'éclat de Vincent Peillon et le soutien que lui apporte le Parti socialiste déclenchent la colère de Patrick de Carolis. Depuis l'étranger où il est en déplacement, le pdg de France Télévisions a fait parvenir une lettre sévère à Martine Aubry. À quelques semaines de la campagne électorale des régionales, il demande à la première secrétaire du PS de s'expliquer sur les conditions du débat public et de faire connaître ses intentions. Il estime que le "boycott volontaire des antennes de France Télévisions par un élu socialiste menace le fonctionnement même du débat démocratique dans les médias audiovisuels, qu'ils soient publics ou privés".

Il revient également sur l'appel à la démission que Vincent Peillon a adressé à Arlette Chabot, directrice générale adjointe chargée de l'information, et à l'ensemble des responsables de France 2. "J'aimerais savoir si vous-même et le Parti socialiste cautionnez cet appel à la démission collective, s'interroge Carolis. Un tel appel à la démission de responsables audiovisuels et de journalistes est, je crois, sans précédent depuis quelques dizaines d'années." On voit ici que Carolis contient son indignation en termes choisis... "Vous comprendrez qu'en tant que président de France Télévisions je ne puisse tolérer qu'il soit porté atteinte à leur honneur et c'est pour cette raison que je rendrai cette lettre publique après vous l'avoir fait parvenir", prévient-il.

Enfin, le pdg de France Télévisions conclut : "La vie politique a ses pratiques et ses usages. La vie démocratique, elle, a ses règles et a ses lois. Si l'un des principaux acteurs de cette vie démocratique refuse de les respecter, c'est le contrat social lui-même qui vole en éclat."

Lire la lettre de Patrick de Carolis à Martine Aubry.


Arlette Chabot: «Je souhaite un engagement écrit des politiques»

article chabot Malaise après le désistement de dernière minute de Vincent Peillon, jeudi soir dans «A vous de juger», sur France 2. Alors que l’eurodéputé socialiste reconnaît aujourd’hui que ce faux-bond était prémédité «depuis longtemps», pourquoi France 2 n’a-t-elle rien vu venir et s’est retrouvée sans troisième intervenant dans le débat sur l’identité nationale? Arlette Chabot, directrice de l’information de la chaîne et présentatrice de l’émission «A vous de juger», revient sur la soirée de jeudi.

Quand avez-vous pris contact avec Vincent Peillon pour l’inviter dans «A vous de juger»?
Arlette Chabot:Nous lui avons proposé de participer à un débat sur l’identité nationale avec Eric Besson mi-décembre. Au retour des vacances de Noël, début janvier, nous l’avons prévenu que Marine Le Pen serait également sur le plateau. Nous avons alors proposé à Vincent Peillon d’intervenir soit dans la première partie de l’émission, donc de débattre directement avec Eric Besson, soit dans la seconde partie qui consiste davantage à réagir au débat qui a eu lieu juste avant. Il a opté pour la seconde option, afin d'«amasser» de quoi pouvoir réagir.
 
Avez-vous confirmé avec lui le rendez-vous de jeudi soir?
Arlette Chabot: Je l’ai appelé le matin même, à 11h15. Nous avons parlé de son intervention, des thèmes qu’il pourrait aborder, également des liens entre le partis socialiste et Eric Besson (le ministre de l’immigration a quitté le PS en 2007 pour suivre Nicolas Sarkozy, ndlr). Vincent Peillon avait carte blanche pour intervenir. Il m’a alors confirmé sa venue et m’a lancée: «A ce soir, 20h»
 
L’avez-vous eu de nouveau au téléphone ensuite?
Arlette Chabot: Non car nous l’attendions comme convenu. Or, il avait déjà décidé de ne pas venir. Il avait prévenu Martine Aubry et quelques élus du PS et avait même affirmé au Parisien: «je vais faire un coup». Nous n’avons appris son désistement que vers 21h, avec une dépêche AFP. Nous avons tenté de le joindre mais il ne répondait plus. C’est la première fois que cela nous arrive.

Pourquoi ne pas avoir sollicité un autre élu socialiste?
Arlette Chabot: C’était trop tard, l’émission avait commencé depuis 25 minutes. Il est difficile de faire venir quelqu’un en catastrophe dans ce genre d’émission, qui nécessite de la préparation. On ne peut pas appeler comme cela des élus pour venir en dernière minute.
 
Que comptez-vous faire pour éviter que cela ne se produise de nouveau?
Arlette Chabot: Je vais procéder par écrit, en demandant aux politiques de réaffirmer leur engagement à participer à l’émission dans les conditions définies. Au moins, ils ne pourront pas dire, comme l’a fait Vincent Peillon, qu’ils ont été piégés.


Les téléspectateurs pas passionnés par le débat Besson/Marine Le Pen

Marine Le Pen Eric Besson Le débat organisé, jeudi soir, sur France 2 entre Éric Besson et Marine Le Pen n'a pas passionné les téléspectateurs : 2,7 millions d'individus, soit 10,6 % de part d'audience, ont assisté à la joute. Le ministre de l'Identité nationale a tenté de justifier le thème du débat, réfutant toute arrière-pensée politique en vue des régionales. Marine Le Pen a estimé que Nicolas Sarkozy n'avait tenu aucune des promesses sur la régulation des flux migratoires. La leader frontiste a tenté de s'appuyer sur des chiffres issus du propre ouvrage d'Éric Besson, lequel a estimé que les citations étaient déformées.

Éric Besson a surtout pointé les absences de l'eurodéputée Marine Le Pen dans les instances européennes où se débattent les questions de flux migratoire. Un peu désarçonnée par cette attaque, Marine Le Pen a eu du mal à déployer sa faconde habituelle. Si bien que, le souffle coupé, elle a fini par lâcher à son adversaire : "Bonne technique Monsieur Besson !"

Éric Besson a annoncé qu'un séminaire gouvernemental, a priori début février, tirerait la substantifique moelle de plusieurs mois de débat. Il a évoqué succintement la mise en place de "stages citoyens". Sur le port de la burqa, le ministre a repris la position du chef de l'État : le Parlement prononcerait une "résolution", c'est-à-dire une prise de position solennelle, contre le port de la burqa en France, sans que l'on sache si l'interdiction serait circonscrite aux lieux publics ou à tout l'espace public.

L'émission fut surtout marquée par la défection préméditée et spectaculaire de Vincent Peillon, réclamant, au passage, la démission d'Arlette Chabot.
Par Association Agir Pour Créteil - Communauté : Val de Marne
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